Les forces de l’ordre françaises ont intégré les drones dans leurs pratiques opérationnelles au fil des années, transformant progressivement leurs modes d’intervention. Cette évolution a conduit la gendarmerie à développer des capacités aériennes spécifiques pour la surveillance, la recherche et le soutien aux enquêtes judiciaires.
Des textes et des débats législatifs ont encadré cette adoption, et des commandes d’appareils ont accru la flotte nationale récemment. Ce déploiement technique et réglementaire prépare le lecteur à des points concrets et opérationnels.
A retenir :
- Surveillance discrète des foules et zones sensibles
- Recherche et secours nocturnes grâce à l’infrarouge
- Collecte de preuves photographiques et photogrammétrie
- Formation structurée des télépilotes et maintien des compétences
Fonctions des drones de la gendarmerie 2005-2025
La montée en puissance de la flotte explique l’ampleur des fonctions désormais assurées par les drones. Selon la Gendarmerie nationale, la flotte a dépassé les six cents appareils au printemps 2024, ce qui illustre une extension rapide.
Les appareils légers sont privilégiés pour la surveillance discrète, tandis que les plateformes plus lourdes gèrent les longues missions. Ce partage des rôles permet ensuite d’optimiser les matériels et les formations.
La diversité des fabricants alimente cette évolution technique, avec des acteurs comme Parrot et Delair présents dans des commandes publiques récentes. Ces acteurs côtoient des spécialistes nationaux et européens, renforçant l’autonomie industrielle.
Répartition par type :
- Microdrones légers pour missions courtes et discrètes
- Drones de capacité nationale pour interventions longues
- Nanodrones pour accès en espaces confinés
Type d’appareil
Caractéristique principale
Nombre commandé
Usage privilégié
Microdrones 4K
Autonomie ~25 minutes, prise de vue UHD
565
Surveillance de proximité
Drones capacité nationale
Vision infrarouge, zoom longue portée
66
Interventions nocturnes et longues
Nanodrones
Poids < 50 g, très discrets
20
Accès confiné, inspections
Flotte historique
Modèles civils et militaires hérités
490 (2020)
Opérations diverses
« J’ai piloté un Parrot lors d’une opération de recherche, les images ont permis de localiser rapidement une personne blessée »
Lucas N.
La régulation a imposé des autorisations préfectorales et des règles de protection de la vie privée pour chaque mission. Selon le ministère de l’Intérieur, ces obligations visent à limiter les usages massifs et préserver les libertés publiques.
Cette structuration juridique et matérielle prépare le lecteur aux usages opérationnels détaillés ensuite, notamment pour le maintien de l’ordre et le secours. Le passage vers les missions souligne un besoin accru de coordination interservices.
Missions opérationnelles des drones de la gendarmerie en 2025
Ce développement de la flotte a directement élargi le spectre des missions confiées aux drones, avec des usages tactiques et civils. Selon Gendinfo, l’arrivée de plateformes comme le DT46 renforce les capacités d’autonomie et de couverture.
Les drones servent aujourd’hui à la surveillance des manifestations, au contrôle des frontières et au soutien des enquêtes judiciaires. Cette polyvalence exige des équipes entraînées et des procédures claires pour chaque type d’opération.
Usages opérationnels :
- Maintien de l’ordre lors de grands rassemblements publics
- Recherche de personnes disparues en zones difficiles
- Inspection de sites sensibles et protection d’installations
Mission
Capacité requise
Exemples de matériels
Fabricant cité
Surveillance de foule
4K, zoom, transmission temps réel
DJI, Parrot
Parrot
Recherche et secours
Infrarouge, longue portée
Delair DT46, Novadem
Delair / Novadem
Analyse scènes de crime
Photogrammétrie, orthophotographie
Plateformes multi-capteurs
Thales
Protection de sites
Détection et neutralisation de drones
Systèmes de contre-drone
Parrot Security / Azur Drones
Les unités déployées comprennent la Police aux Frontières, les CRS et des pelotons spécialisés de la gendarmerie. Selon la Gendarmerie nationale, les escadrons mobilisent des pilotes et des chefs de mission entraînés pour coordonner les vols en milieu complexe.
« Les habitants ont ressenti un renfort visible lors des inondations, la présence aérienne a rassuré sur le terrain »
Jean N.
L’usage des drones permet aussi de protéger les agents en limitant leur exposition aux risques opératoires. Cette réduction d’exposition motive le développement de capteurs plus sophistiqués et d’emplois innovants.
La section suivante abordera les parcours et les certifications nécessaires pour piloter ces appareils dans la police et la gendarmerie. Ce point est essentiel pour comprendre la montée en compétence des équipages.
Formation et recrutement des télépilotes de drone dans la gendarmerie
Le renforcement des missions a fait émerger des parcours de formation structurés pour les télépilotes, destinés aux policiers et gendarmes. Selon le ministère de l’Intérieur, le Certificat d’Aptitude Théorique aux fonctions de Télé-pilote (CATT) reste la référence pour la théorie.
La gendarmerie a développé des modules pratiques pour le pilotage en binôme et la gestion de mission en temps réel. Ces modules comprennent la météorologie, la phraséologie aérienne et la photogrammétrie pour les enquêtes judiciaires.
Étapes de formation :
- Obtenir le CATT délivré par la DGAC
- Formation pratique en escadron ou unité spécialisée
- Contrôles annuels et heures de maintien de compétence
Étape
Contenu
Durée indicative
Exigence annuelle
CATT (DGAC)
Théorie aérienne et réglementaire
Variable selon parcours
Révision périodique
Formation interne
Pilotage, scénario d’intervention
Plusieurs jours
Minimum 4 heures de vol
Vol d’évaluation
Épreuve pratique en binôme
Session finale de validation
Réévaluation régulière
Spécialisation
Enquête, maintien de l’ordre, secours
Modules ciblés
Formation continue
« Je me suis formée au CATT et la formation pratique a transformé ma manière d’analyser une scène »
Marie N.
Les parcours diffèrent entre police et gendarmerie, mais la coordination reste essentielle pour les opérations conjointes. Selon des retours publics, environ quatre cents à cinq cents pilotes étaient formés au début de la décennie, chiffres en constante évolution.
« L’utilisation systématique reste préoccupante pour les libertés individuelles, la vigilance citoyenne est nécessaire »
Claire N.
Les possibilités de carrière incluent des spécialisations techniques chez des acteurs publics et privés, y compris des entreprises comme Drone Volt, Airinov ou Hexadrone. Ces passerelles favorisent le partage d’expertise entre secteurs civils et de sécurité.
Il est utile de consulter la documentation et les formations proposées pour préparer un concours ou une reconversion vers le télépilotage professionnel. Cette recherche d’information amène naturellement à des ressources officielles et des retours d’expérience disponibles en ligne.
Source : Gendinfo, « Le drone à voilure fixe DT46 entre en scène », Gendinfo, 2025 ; Ministère de l’Intérieur, « Modernisation des capacités drones », ministère de l’Intérieur, 2024 ; Gendarmerie nationale, « Bilan des capacités drones », Gendarmerie nationale, 2024.