Les vols en forêt exposent les drones à un environnement densément branchu et imprévisible. L’absence de capteurs latéraux compromet la détection d’obstacles lors des déplacements de roulis.
Ce phénomène est particulièrement visible sur le DJI Air 2, souvent utilisé pour filmer en nature. Avant d’entrer dans le détail, retenons toutefois quelques constats essentiels pour la suite.
A retenir :
- Absence de capteurs latéraux, risque accru de collision latérale
- Navigation autonome affectée en milieu boisé, détection tardive des branches
- Limites des QuickShots automatiques, manœuvres latérales moins fiables
- Impact sur la sécurité de vol et responsabilité du télépilote
Limitations matérielles du DJI Air 2 en navigation autonome forestière
La conception du DJI Air 2 privilégie compacité et capteurs orientés avant et dessus. Ce choix limite en revanche la présence de capteurs latéraux indispensables en forêts denses.
Selon Les Numériques, l’Air 2S conserve la base technique du Mavic Air 2 avec des adaptations ciblées. Ces adaptations expliquent l’implantation de caméras supérieures mais l’absence de capteurs sur les flancs.
Points de capteurs :
- Capteurs supérieurs et frontaux, ToF au ventre, absence sur les côtés
- O3 pour la transmission, antennes hautes pour portée et stabilité
- AirSense intégré pour la détection d’aéronefs équipés
Caractéristique
DJI Air 2S
Mavic 2 Pro
Mavic Air 2
Poids
595 g
907 g
570 g
Capteurs latéraux
Absents
Présents
Absents
Capteur caméra
1″ 20 Mpx
1″ 20 Mpx (Hasselblad)
1/2″ 48 Mpx
Autonomie annoncée
31 minutes
~30 minutes
34 minutes
Selon Les Numériques, cette configuration explique plusieurs ratés d’APAS en sous-bois. Cela oriente la réflexion vers l’impact sur la navigation autonome et les algorithmes d’évitement.
Conséquences logicielles pour la navigation autonome en vol en forêt
En s’appuyant sur ce constat matériel, examinons les limites logicielles rencontrées en forêt. Les algorithmes APAS et FocusTrack reposent sur des données visuelles frontales, moins robustes latéralement.
Risques logiciels :
- Détection tardive des branches latérales, réactions saccadées de l’évitement
- Perte momentanée du sujet lors du suivi derrière un tronc
- Modes automatiques moins précis pour manœuvres latérales complexes
APAS 4.0 et ses faiblesses en vol en forêt
Cet aspect logiciel explique pourquoi APAS 4.0 peut manquer d’anticipation face aux branches latérales. Selon DJI, APAS améliore l’évitement mais reste tributaire des angles de vue des capteurs.
« J’ai perdu mon sujet derrière un tronc, le drone n’a pas vu la branche latérale à temps. »
Alice D.
FocusTrack, ActiveTrack et limites pratiques en sous-bois
Le suivi automatique repose sur la persistance visuelle du sujet, donc la stabilité des angles de capteurs. En zone boisée, la disparition partielle du sujet provoque des erreurs de trajectoire visibles.
Élément
DJI Air 2S
Effet en forêt
Résolution vidéo
5.4K30 ou 4K60
Qualité élevée, pas d’influence sur détection
Latence vidéo
~120 ms
Réactivité suffisante sauf cas d’évitement serré
Capteurs latéraux
Absents
Détection latérale compromise
APAS comportement
Amélioré mais imperfectible
Manque d’anticipation sur branches fines
« En suivant un coureur en sous-bois, le drone a hésité et faussé la prise. »
Marc L.
Ces éléments incitent à revoir les pratiques de vol et les attentes vis-à-vis de l’autonomie logicielle. Le passage suivant propose des adaptations pratiques pour améliorer la sécurité de vol.
Bonnes pratiques et adaptations pour la sécurité de vol en milieu naturel
Suite à ces observations logicielles, adoptant un angle opérationnel, décrivons des pratiques simples et concrètes. Pierre, pilote amateur fictif, illustre ces gestes habituels en préparant chaque vol en forêt.
Bonnes pratiques :
- Pré-vol visuel et reconnaissance du site, repérage des passages latéraux
- Utilisation d’altitudes sécurisées, éviter les vols trop près des frondaisons
- Activation de modes manuels pour approches latérales risquées
Mesures opérationnelles pour réduire les limitations navigation
Avant chaque décollage, vérifier l’angle d’attaque des capteurs et les paramètres de suivi. Prévoir une marge d’altitude et privilégier des trajectoires dégagées lors des passages latéraux.
« Le rappel des zones d’ombre m’a évité un passage trop près d’une branche cachée. »
Paul N.
Évolutions techniques et recommandations pour les fabricants
À plus long terme, l’ajout de capteurs latéraux et la fusion multi-capteurs amélioreraient la robustesse en forêt. Selon CNRS, la fusion de capteurs inertiels et optiques reste une voie prometteuse pour la navigation sans GPS.
- Installation de capteurs latéraux, meilleure couverture angulaire des obstacles
- Fusion multi-capteurs, inertiels et optiques pour réduction de la dérive
- Mise à jour des algorithmes d’anticipation, entraînement sur données forestières
« L’absence de capteurs latéraux limite clairement la fiabilité en milieu boisé. »
Sophie N.
Adopter ces pratiques réduit notablement les incidents lors d’un vol en forêt avec un Air 2S ou Air 2. Selon DJI, la prudence du télépilote reste la première ligne de défense pour la sécurité aérienne.
Source : DJI, « Instructions d’étalonnage du capteur optique de l’appareil », DJI ; Les Numériques, « Test Drone DJI Air 2S : un Mavic dans l’âme », Les Numériques ; CNRS, « Des capteurs quantiques pour se repérer sans GPS », CNRS.